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New York plato TV

L'analyse exclusive et l'actu des médias US en direct de New-York

Revampez ces vieilles séries !

Vous les avez tant aimées. Vous vous encanailliez à leurs cotés durant d'interminables après-midis dans les années 80, vous détournant d'activités plus recommandables au grand désespoir de vos parents. Trente années ont passé et elles sont de retour. Qui ça ? Vos ex-petit(e)s ami(e)s ? Presque, les Drôles de Dames ! Et avec elles toutes les séries qui ont nourri notre passion pour le genre et alimenté la nostalgie des fans pour cette époque. Faut-il s'en réjouir ?

Car l'heure est au remake et à la régression adolescente. Jusqu'à l'absurde. On ne compte plus à la télévision US les adaptations et autres resucées de programmes mythiques des décennies passées. A l'heure de la diffusion ce dimanche de The Prisoner sur AMC, et tandis que V vient de faire son retour sur ABC, Melrose Place profite de la trêve hivernale pour ne pas être expulsée de la grille de The CW. Et c'est sans compter les pilotes et autres projets qui frappent aux portes des networks.

« Salut, on a passé l'été 1982 ensemble dans le salon de tes grands parents, je n'ai pas pris une ride, est-ce que cela te dirait de remettre ça ? » On hésite entre la consternation et le dépit devant le retour possible d'Hawaï Five-0 (Hawaï, police d'Etat en francais, CBS), de The Streets of San Francisco (CBS toujours), ou de The Rockford Files (NBC) plus connu en France sous le titre-programme de 200 dollars plus les frais. Personnellement on avait appris à vivre sans les brushings impeccables de Jack Lord, Michael Douglas et James Garner.

Moins de souvenirs, plus de talents svp

Leonard Goldberg, producteur, excusez du peu, de Starsky & Hutch , Fantasy Island (L'ile fantastique) et Charlie's Angels travaillait jusqu'à présent avec Drew Barrymore sur l'exploitation de la franchise Drôles de Dames au cinéma. La semaine dernière, ABC a donné son feu vert au tournage d'un pilote TV.

Avec tout le respect qu'on doit à l'acolyte d'Aaron Spelling, il y a fort à parier que le remake de la série qui révéla au grand public Farrah Fawcett, Jaclyn Smith et leurs consoeurs fera long feu : soit en restant au stade de pilote, soit en rejoignant la cohorte des remakes qu'on s'empressera vite d'oublier. Les regards désapprobateurs se tournent vers Knight Rider, improbable siphonage par General Motors et NBC du tout aussi improbable K2000.

Ce constat pessimiste repose moins sur les capacités du duo à l'origine du remake, après tout les films sont plutôt des succès commerciaux, que sur les statistiques : sur les 707 nouvelles séries diffusées durant les 10 dernières saisons, 489 n'ont pas connu une deuxième saison. Un taux d'échec de 69%, qui plus est de 71% lorsqu'il s'agit du network ABC (source : the futon critic). Bref, ca part déjà mal quand on est une nouveauté US.

Et cela s'aggrave quand on est un remake : l'an passé, la moitié des nouveautés de septembre étaient des adaptations ! A la fin de la saison, les rangs étaient pour le moins clairsemés. Une seule série reconduite pour une deuxième saison, 90210 (The CW) le remake de 90210, Beverly Hills.

A la trappe Worst Week (CBS), Eleventh Hour (CBS), Life on Mars (ABC), Kath & Kim (NBC), The Ex-List (CBS), et bien entendu Knight Rider (NBC). Punition identique pour les programmes de mi-saison comme Cupid (ABC) ou In The Motherhood (ABC), remake d'une web-série cette fois.

Angleterre promise

Mais le supermarché des concepts demeure encore et toujours la Grande-Bretagne. Les américains en reviennent les caddys emplis de deals d'adaptation. L'iconoclasme et la liberté de ton des anglais font fureur. Citons en vrac, les projets en cours de Daylight Robbery (ITV) pour la Fox, qui rappelle celui de Suburban Shootout (Five) pour HBO. Des mères de famille apparemment bien sous tous rapports sèment la terreur dans leur quartier en versant dans le crime et la petite rapine.

Souhaitons leur bonne chance. Qu'elles marchent dans les traces de The Office (NBC), l'une des rares greffes UK-US réussie. En s'éloignant de son modèle et en remplaçant le cynisme de l'original par un humour absurde, la série avec Steve Carell a réussi à trouver sa voix. Le projet Ab Fab de Mitch Hurwitz, le créateur d'Arrested Development n'aura pas eu l'occasion d'être montrée au public. La Fox n'a pas donné suite au pilote.

Les producteurs américains suivent avec attention les projets de la petite chaine britannique E4. Ses séries sans complexes et sans tabous ont le vent en poupe ici : après le projet The Inbetweeners pour ABC, MTV se lance en ce moment sur les traces de Skins, série crue et culte sur l'adolescence. Issue de la meme famille et après avoir été développée pour HBO, Shameless (Channel 4, la grande soeur d'E4) a trouvé le chemin de Showtime.

La tendance des adaptations de séries UK est tellement prégnante qu'on peut se permettre d'en faire... une série ! Matt Le Blanc et David Crane (Friends) s'en inspirent actuellement pour écrire à 4 mains Episodes. Un couple de showrunners anglais y est embarqué dans l'adaptation/dévastation par les américains de leur sitcom si spirituelle et so british.

Il faut reconnaitre que les tentatives de remake de séries ne se soldent pas toujours par des échecs. Les anglais, encore eux, ont réussi leur coup en réinventant avec succès le mythique Dr Who. Ila fallu pour cela s'éloigner de l'original, comme ce qu'a réussi Sy Fy avec Battlestar Galactica. C'est d'ailleurs souvent dans le genre SF que les projets d'adaptation et de remake sont les plus réussis. On attend donc avec impatience Being Human le remake de la série BBC par Sy Fy. Colocataires sympathiques le jour et créatures de la nuit la nuit, les 3 jeunes héros de la série devraient rejoindre les rangs de Sy Fy au deuxième semestre 2010.

Le remake et son ROI

Soucieux de réduire leur marge d'erreur et leur marge tout court, les chaines US se tournent de plus en plus vers des programmes existants. Frais de développement et de marketing réduits, notoriété internationale garantie (dans certains cas), le remake présente des avantages. Les groupes media qui associent distribution internationale de programmes et diffusion US y voient également un moyen de relancer l'attractivite de leur fond de catalogue en vendant aux acheteurs étrangers nouvelle et ancienne versions dans un package.

Bref l'opération remake a sans conteste un intérêt en termes de retour sur investissement (ROI en VO).

Pas sûr que cela soit celui des téléspectateurs.


Vincent Gaume

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