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Bon sang ne saurait mentir

On l'avait enterré un peu vite, HBO est de retour. Ce regain de vitalité, la première chaine à péage US le doit aux vampires de True Blood. Le show d'Alan Ball est tout simplement la série la plus regardée sur HBO depuis la fin de The Sopranos, série symbole de l'âge d'or de la chaine payante américaine. Sa deuxième saison a séduit chaque semaine 12,4 millions de téléspectateurs toutes plateformes de diffusion confondues. 
C'est d'autant plus exceptionnel qu'à la différence de la plupart des séries TV, l'audience de True Blood a suivi une courbe ascendante depuis ses débuts. Le show a démarré discrètement l'été dernier avant de méthodiquement planter ses crocs dans de nouveaux convertis chaque semaine. Les chiffres du dimanche 22 heures, sa case de première diffusion sont éloquents : la saison 1 a démarré avec une audience de 1,4 Million et s'est achevé à 2,4M. La saison 2 a surpris tout le monde : 3,7 M dès l'ouverture de la saison pour s'achever à 5,1 M le 13 septembre 2009. Nul ne semble pouvoir résister au charme ensorcelant de True Blood.

HB-Over ?

Cet exceptionnel succès est le démenti le plus cinglant à ceux (et ils étaient nombreux) qui avaient décrété la fin de HBO vers le milieu de cette décennie. Après le départ tumultueux et vaudevillesque de Chris Albrecht son emblématique patron en mai 2007, les observateurs doutaient de la capacité de ses successeurs à retrouver la formule magique qui avait permis à la chaine de multiplier les succès commerciaux et artistiques à la fin des années 90 : The Sopranos, Sex and the City, The Wire, Oz et Six Feet Under
Les concurrents Showtime, FX ou AMC chassaient sur les terres de la chaine à péage avec des succès critiques ou populaires. Weeds (Showtime), Nip/Tuck et The Shield (FX) ou Mad Men, série refusée par HBO avant d'être acceptée par AMC étaient la preuve que la chaine avait perdu sa vista. D'autant que HBO avait entamé sa crédibilité en asséchant sa filière de production pour investir sur un nombre plus faible de shows, réduisant d'autant sa capacité à créer un hit. En 2007, la déception John from Cincinnati, mélange de surf, de roman noir et de surnaturel entacha un peu plus la success story. La messe était dite : HB-Over !

En voguant vers la France

Pour opérer son retour en grâce, la nouvelle équipe dirigeante emmenée par Michael Lombardo et Richard Plepler est revenue aux fondamentaux de HBO : richesse de la production originale, politique d'auteurs, exigence qualitative, appétence pour la pop culture et les innovations technologiques. C'est avec ce patrimoine génétique que la saga HBO a démarré au début des années 70.
Peu de gens savent que le concept de HBO est né en 1971 sur un transatlantique voguant vers la France. A bord, Charles Dolan un entrepreneur du câble occupe son temps libre à imaginer une nouvelle offre télévisuelle alternative aux networks. Ces derniers ne sont que trois à l'époque (les Big 3) mais rassemblent près de 97% de l'audience TV chaque soir. Dolan imagine une chaine TV financée par abonnement et qui proposerait du cinéma, du sport et des spectacles. L'absence de publicité et donc la diffusion de programmes dans leur intégralité, sans montage ni coupures en serait le point fort.
Un peu plus d?'an plus tard, le 8 novembre 1972, les 365 abonnés de la ville de Wilkes-Barr en Pennsylvanie assistent à la première soirée de Home Box Office, composée du film « Sometimes a great notion » avec Paul Newman et Henry Fonda puis d'un match de Hockey sur glace NHL. Elle résume bien les deux axes de programmation de la Pay TV à ses débuts, sport et cinéma. 
Malheureusement les chiffres d'abonnement ne décollent pas. Son parc d'abonnés végète car sa distribution est ralentie par les difficultés des réseaux câblés à se développer, pour des raisons techniques et financières (nous sommes en plein choc pétrolier).

Prendre de la hauteur et cogner

Embourbée dans les problèmes du câble, HBO va profiter du lancement du satellite Satcom pour se sortir de l'ornière en 1975. La distribution par les airs va enfin lui ouvrir les portes de tous les foyers des Etats-Unis. L'écueil de la technique étant évité, il reste à HBO à se faire un nom. 
En décrochant auprès de Don King le droit de retransmettre le mythique match de boxe « Thrilla in Manila », opposant Mohammed Ali et Joe Frazier, HBO deviendra en une soirée le challenger officiel de la télévision nationale US. Alors que les journalistes sportifs des networks attendent les bandes d'enregistrement du match qui doivent arriver des Philippines par avion, les abonnés HBO sont déjà en train de discuter du combat historique auquel ils ont assisté grâce à la jeune technologie satellite. En 1977, HBO compte 600 000 abonnés, ils sont 13 millions en 1983 !

(à suivre)

Vincent Gaume

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